Quand la famille de Lorraine boursicote
Banqueroute de Law
Compte que rend à très haut, très puissant et très illustre prince Monseigneur Charles Henry de Lorraine, prince de Vaudémont, souverain de Commercy, etc., le sieur François Sergent, intendant de s.a.s. en France, de touttes les sommes qu'il a receües tant de ses rentes, revenus, pensions qu'autrement, et de celles qu'il a payées en l'acquit de sad. Altesse serenissime à compter du premier octobre de l'année mil sept cent dix-huit, qui est l'époque du dernier compte que led. sieur Sergent a rendu, jusques au premier septembre de la presente année mil sept cent vingt, et ce tant en consequence des ordres de s.a.s., qu'en vertu de la procuration qu'elle lui a donnée, passée devant de Romigny, notaire à Paris, qui en a la minutte le douze fevrier de lad. année 1718.
La chambre des comptes de Lorraine enregistre non seulement les comptes des souverains lorrains mais aussi ceux des princes de la famille pour les revenus perçus au titre des possessions et droits dans le duché, tel Charles Henry de Lorraine : fils du duc Charles IV et de sa seconde épouse Béatrix de Cusance, prince de Vaudémont et souverain de Commercy où il confie à Boffrand la construction du château, il est le cousin du duc régnant Léopold.
Il s'agit ici des sommes reçues entre le 1er octobre 1718 et le 1er septembre 1720 au titre des recettes extraordinaires, et parmi celles-ci, des fruits de ses spéculations plutôt lucratives sur la Compagnie des Indes ; les actions sur la Compagnie sont réalisées trois mois avant les émeutes de la rue Quincampoix et la banqueroute de Law.
(Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, fonds de la Chambre des comptes de Lorraine, B 12 442, "13e chapitre de recette extraordinaire")